Architecture
- Construire
VILLE LIBEREE
Difficile de trouver à se loger sur le secteur.
Les prix des maisons découragent. Rareté des opérations
résidentielles. Plus de terrains disponibles…
Voyons voir.
Si les prix augmentent c’est tout simplement qu’il
y a insuffisance de l’offre, c’est à dire pénurie
de terrains ouverts à l’urbanisation et que ceux
où l’on peut bâtir ont une capacité
trop limitée.
La cause de cette situation immobilière ne tient pas à
la spéculation foncière en soi, comme le prétendent
les aménageurs du territoire, mais tient à l’application
d’une politique urbaine étriquée et mesquine
de leur part, sclérosant le développement de l’urbanisation.
A la vérité, ce sont ces aménageurs eux qui
organisent la pénurie et maintiennent le prix haut.
Libérons plus de terrains, avec une meilleure capacité
à construire, la pression sera immédiatement relâchée.
Les prix deviendront accessibles au plus grand nombre, et chacun
trouvera à se loger avec un meilleur confort, consacrant
une plus grande part de son budget à la construction. Le
secteur du bâtiment ne s’en trouvera que mieux loti
et le marché foncier n’aura pas à en pâtir.
Tout le monde s’y retrouvera.
Une nouvelle cité verra le jour : plus dense, donc plus
riche, avec un meilleur amortissement de ses installations collectives,
une cité plus vivante, consommant moins d’espace,
donc plus naturellement respectueuse de l’équilibre
des composantes du territoire, sans qu’il y ait à
établir un arsenal de mesures dites de « protection
», principe vicié de notre société,
dont la finalité cachée n’est autre que d’interdire.
Une nouvelle cité, dans le meilleur des mondes.
C’est le sens de la politique qu’entend impulser
aujourd’hui l‘Etat, après une longue période
de plus de 30 ans qui nous a dessiné cette ville étale,
coûteuse en infrastructure et en temps, profondément
stratifiée, fardée d’un paysage périphérique
plat, dispersé, en queue de poisson, un paysage qui cultive
l’individualisme enfermé, l’égoïsme
et la défiance.
Les récentes lois sur l’urbanisme se font l’écho
de cette nouvelle politique. Elles conduisent notamment à
la remise en cause du principe réglementariste des POS.
Seulement voilà, c’est une chose de changer les
orientations, c’en est une autre de changer les mentalités.
Surtout quand on sait que cette fameuse décentralisation
qui dilue tout ? sauf le pouvoir qu’elle concentre dans
les mains de quelques illuminés à qui plus personne
ne demande de compte ? a confié justement l’application
de ces orientations à ces dites personnes, dont on sait
encore qu’elles sont peu réactives à changer
les choses, s’occupant plus à caresser leur électorat
et courir les honneurs qu’à gérer l’avenir
et imaginer une ville à vivre ensemble et librement.
Verra-t-on à l’occasion de la prochaine redéfinition
de nos documents d’urbanisme, un véritable changement
quantitatif et qualitatif, ou bien verra-t-on une simple transcription
du POS en PLU, plus décousu que jamais car toujours amendé
à la tête du client et à la petite semaine,
toujours plus attaché à empêcher qu’à
promouvoir ?
Verra-t-on une significative ouverture des terrains X à
l’urbanisation ?
Verra-t-on une augmentation de la densité à construire
et un projet de la ville de demain ?
Verra-t-on les mesures positives, celles qui autorisent et portent
vers l’avenir, supplanter enfin les mesures négatives,
celles qui interdisent et étranglent l’initiative
?
Verra-t-on notre ville, justement réputée pour
son climatisme, reprendre sa respiration ?